Forum
International en Population et Développement
7-9 Septembre 2004,
Wuhan,
Hubei Province, China
Nous,
membres d’une alliance de pays
en développement, Partenaires
en Population et Développement,
qui comprend plus de la moitié
de la population de la planète
et un cinquième de sa superficie,
en plus de plusieurs autres pays en
développement, avons participé
au Forum International en Population
et développement de 2004. La
réunion a eu lieu au bord du
fleuve Yangtsé, où la
splendide civilisation chinoise et
sa culture sont nées, pour
examiner la mise en œuvre du
Plan d’Action de la Conférence
Internationale en Population et Développement
(CIPD) et des Objectifs du Millénaires
pour le Développement (OMD)
dans nos pays à l’occasion
du 10e Anniversaire de la CIPD qui
coïncide avec celui de Partenaires
en Population et Développement.
Après trois jours de débats,
nous adoptons la présente Déclaration
dans un esprit de « Paix, Coopération
et Développement ». Nous
nous engageons à honorer, promouvoir,
respecter et mettre en œuvre
cette Déclaration pour un développement
durable et pour le bien de la civilisation
humaine.
Nous
les participants :
Apprécions
les réalisations accomplies
par l’Alliance pour élever
la Coopération Sud-Sud en renforçant
les capacités individuelles
et institutionnelles en matière
de leadership stratégique,
dialogue politique et gestion des
programmes de population, de santé
de la reproduction et de développement.
Notons
avec satisfaction la reconnaissance
spécifique de Partenaires par
la 21e Session Extraordinaire de l’Assemblée
Générale dans la citation
contenue dans le paragraphe 88 de
la CIPD +5 en 1999 dédiée
à la coopération Sud-Sud,
ainsi que la reconnaissance internationale
de nos efforts récompensée
par l’octroi à l’Alliance
du Statut d’Observateur Permanent
par la résolution 57/29 de
l’Assemblée Générale
des Nations Unies en 2002.
1.
Soulignons le besoin pour
les gouvernements et pour la communauté
internationale de démontrer
une volonté politique ferme
et un engagement fort afin de réaliser
complètement le potentiel de
la coopération de Sud-Sud,
pour faire entendre la voix des plus
vulnérables, y compris ceux
vivant dans les pays les moins avancés
qui souffrent d’une croissance
démographique élevée
et de niveaux extrêmes de pauvreté
persistante.
2.
Réaffirmons notre
ferme engagement vis-à-vis
des principes, objectifs et actions
contenus dans le Plan d’Action
de la CIPD en tant que directions
stratégiques pour atteindre
les OMD.
3.
Invitons la communauté
internationale, particulièrement
les pays de l’OCDE, les Institutions
financières internationales,
à placer les questions de population
et de santé de la reproduction
au premier plan de l’ordre du
jour international pour faciliter
la mise en œuvre du Plan d’Action
de la CIPD pour atteindre ultimement
les OMD.
4.
Invitons également
la communauté internationale
à soutenir le FNUAP et les
autres Organisations des Nations Unies
impliquées dans les questions
de population et de développement
afin qu’elles consentent une
plus grande aide aux pays en développement
pour l’accélération
de la mise en œuvre du Plan d’Action
de la CIPD et des OMD.
1.
Notons avec préoccupation que
:
i.
Le nombre de gens vivant avec moins
d’un dollar par jour dans
le monde a doublé pour atteindre
2,2 milliards durant la dernière
décennie du XXème
siècle alors que le revenu
total mondial a augmenté
de 2,5 % dans la même période
; et 10 % (300 millions) de la population
de l’Alliance vit avec moins
d’un dollar par jour ;
ii.
L’accès aux services
de qualité en matière
de santé de la reproduction,
en particulier la planification
familiale, est encore très
limité dans la majorité
des pays membres avec un degré
élevé de besoins non
satisfaits, entraînant des
grossesses non désirées,
un taux de fécondité
élevé et des avortements
à risque ;
iii. La mortalité maternelle
suivi de la mortalité infantile
et des enfants de moins de 5 ans
représentent le plus gros
fardeau et une menace pour les femmes
et les enfants, et 55 % de tous
les décès maternels
dans le monde ont lieu dans les
pays de l’Alliance et pourraient
être aisément prévenus
;
iv.
Les pays de l’Alliance contribuent
pour 50 % au fardeau mondial du
VIH/SIDA avec une baisse de l’espérance
de vie et de la productivité
économique ; la plupart des
infections nouvelles de VIH sont
en rapport avec des services de
santé de la reproduction
inadéquats;
v.
Dans le monde, 1,2 milliards d’adolescents
âgés de 10 à
24 ans entrent dans l’âge
adulte, ce qui crée une immense
pression sur les besoins en matière
de services, informations et produits
de santé relatifs à
la santé sexuelle et la santé
de la reproduction des adolescents
;
vi.
L’inégalité
et l’absence d'équité
en matière de genre prévaut
dans les pays de l’Alliance
et se caractérisent par le
fait que la majorité des
femmes, particulièrement
les pauvres, n’ont aucun accès
à l’éducation,
à des soins de santé
adéquats, à un emploi
rémunéré et
à des systèmes de
sécurité sociale ;
vii.
L’analphabétisme prévaut
dans au moins 50 % des pays membres
où 115 millions d’enfants
ne sont pas inscrits à l’école
primaire, dont 57 % sont des filles
;
viii.
Plusieurs pays en voie de développement
sont déjà confrontés
au problème du vieillissement
de la population, et à l’échelle
mondiale, le nombre de personnes
âgées de 60 ans et
plus passera de 600 millions à
presque 2 milliards, et leur proportion
doublera de 10 à 21 % d’ici
2050. L’augmentation sera
plus forte et plus rapide dans les
pays en développement.
2.
Sommes pleinement conscients
que les défis énoncés
ci-dessus ne peuvent être relevés
et que les solutions durables apportées
que si, nous, membres de l’Alliance
des pays en développement,
œuvrons ensemble pour développer
une perspective axée sur l’aspect
humain et une bonne gouvernance,
3.
Invitons les gouvernements
et les agences internationales à
prendre toutes les mesures nécessaires
pour une intégration complète
des programmes de santé sexuelle
et reproductive et des programmes
de lutte contre le VIH/SIDA, en particulier
les mesures qui visent à empêcher
la propagation des infections VIH.
4.
Invitons les gouvernements
membres des Nations Unies et la communauté
internationale à accorder l'importance
requise à la relation intégrale
entre la santé de la reproduction
et la lutte contre la pauvreté
dans le contexte des OMD + 5 en 2005.
5. Encourageons l’examen
des politiques et programmes nécessaires
pour améliorer les possibilités
pour les femmes d’avoir un gagne-pain
assuré et un accès à
des ressources économiques,
réduire le fardeau de leurs
pénibles tâches domestiques,
retirer les obstacles en matière
de législation à la
participation des femmes à
la vie publique, développer
la sensibilisation sociale par le
biais de programmes d’éducation
et de communication de masse efficaces
; adopter des réformes pour
éliminer toutes les formes
d’exploitation, d’abus,
de harcèlement et de violence
contre les femmes ; veiller à
ce que les politiques et pratiques
personnelles soient en conformité
avec le principe d’une représentation
équitable des deux sexes, particulièrement
au niveau des postes de direction
et de responsabilité et éliminer
les disparités basées
sur le genre en matière de
revenu, et ce dans tous les programmes
incluant ceux de la population et
du développement. De même,
un environnement qui facilite la responsabilité
des hommes en matière de santé
sexuelle et reproductive devrait être
stimulé. En outre, il devrait
être tenu compte de la question
du vieillissement en créant
un environnement adéquat pour
les personnes âgées actives.
6.
Nous nous engageons à
faire usage des meilleures pratiques
existantes et partager au sein des
pays en développement les ressources,
entre autres, les produits de santé
de la reproduction, permettant des
politiques, des programmes et des
services de santé efficaces,
afin d’améliorer la qualité
de vie des femmes, des hommes et des
enfants.
7. Sommes résolus
à revoir et harmoniser les
politiques, législations, programmes
et services qui limitent l’accès
des adolescents et des jeunes à
l’information et à des
soins complets et les impliquer dans
la conception, la mise en œuvre,
le contrôle et l’évaluation
des textes et règlements s’adressant
aux jeunes. Nous sommes également
résolus à encourager
les jeunes à diriger, planifier,
concevoir, mettre en œuvre, assurer
le suivi et évaluer les programmes
destinés aux jeunes en partenariat
avec les adultes.
8. Recommandons vivement
à tous les Gouvernements et
autres organisations concernées,
incluant les donateurs bilatéraux
et multilatéraux, le système
des Nations Unies, les institutions
financières internationales,
les ONG, la société
civile et le secteur privé,
de poursuivre les efforts à
tous les niveaux, y compris le renforcement
des partenariats, afin d’intensifier
la mise en œuvre du Plan d’Action
de la CIPD et des OMD.
1.
Notons avec préoccupation que
:
i.
Les objectifs budgétaires
pour mettre en œuvre le Plan
d’Action de la CIPD fixés
en 1994 étaient de 17 milliards
US$ d’ici 2000 et 18,5 milliards
US$ d’ici 2005, dont 2/3 du
budget devait provenir des pays
en développement et 1/3 des
pays développés ;
alors qu’à la fin de
l’année 2003, les pays
en développement avaient
atteint 92 % de l’objectif,
les pays développés
n’étaient qu’à
50 % de l’objectif.
ii.
Pour atteindre certains objectifs
clés fixés dans la
Déclaration du Millénium,
particulièrement l’éradication
de la pauvreté, il faut obtenir
un investissement annuel de 66 milliards
US$ d’ici 2007, ce qui signifie
que les pays en développement
devraient accroître leurs
dépenses budgétaire
de santé à concurrence
de 1 % du PNB d’ici 2007 et
de 2 % jusqu’ à 2015
(35 milliards US$ et 63 milliards
US$ respectivement), ce qui est
hors des moyens de la plupart des
pays en développement.
iii.
En 2003, le monde ne peut assurer
le versement de 65 milliards de
dollars pour réduire la pauvreté
ou de 5 milliards de dollars pour
améliorer la santé
de la reproduction, dont la planification
familiale et la prévention
du VIH/SIDA, face à de nouveaux
problèmes internationaux
tels que la sécurité
qui coûte actuellement 900
milliards de dollars par an.
2.
Invitons les pays développés
à augmenter leur Aide Publique
au Développement (APD) conformément
au consensus établi à
l’échelle internationale,
qui est de 0,7 % du PNB des pays de
l’OCDE et qui générerait
200 milliards US$. Une somme plus
que suffisante pour combler le fossé
financier nécessaire à
l’atteinte des objectifs fixés
lors de la CIPD et lors du Sommet
du Millénaire.
3.
Reconnaissons que le Plan
d’Action de la CIPD ainsi que
les OMD sont compréhensifs,
intègrent la dimension humaine
et représentent des directions
stratégiques pour le développement
socio-économique, la prévention
du VIH/SIDA, la santé de la
mère et de l’enfant et
l’éducation pour tous
avec une attention particulière
aux thématiques horizontales
telles l’habilitation de la
femme, l’équité
et l’égalité en
matière de genre incluant l’éducation
des petites filles et la participation
de la femme en tant que force de travail.
4.
Nous nous engageons fortement
à promouvoir, exécuter
et assurer le suivi de la mise en
œuvre de la présente déclaration
de Yangtsé, laquelle contribuera
immensément à atteindre
les objectifs de la CIPD et les Objectifs
du Millénaire pour le Développement
particulièrement dans les pays
à revenu faible et les moins
développés.
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